Le harem et les cousins

Germaine Tillon Le harem et les cousins

Paru en 1966, Le Harem et les cousins est le fruit d’un long travail d’enquête sur la condition des femmes qui a conduit l’auteur dans les pays du Maghreb et du Moyen-Orient. La thèse centrale de l’ouvrage réside dans l’opposition entre les « sociétés sauvages » ou « République des beaux-frères », où la règle du mariage est exogame : le tabou de l’inceste oblige chaque homme à prendre une femme dans un clan voisin ; et la « République des cousins », où l’on préfère « vivre entre soi » dans un cadre tribal et familial qui favorise l’endogamie.

Pourquoi ce titre : Le harem et les cousins? Le« harem» parce qu'il symbolise la claustration de la femme; les «cousins» parce qu'ils représentent un type de société dont la structure de parenté est l'endogamie, le mariage préférenttel entre cousins de la lignée paternelle.

L'humanité se compose de deux minuscules minorités: celle des brutes féroces, des traîtres, des sadiques systématiques d'une part, et de l'autre celle des hommes de grand courage et de grand désintéressement qui mettent leur pouvoir, s'ils en ont, au service du bien. Entre ces deux extrêmes, l'immense majorité d'entre nous est composée de gens ordinaires, inoffensifs en temps de paix et de prospérité, se révélant dangereux à la moindre crise.
Germaine Tillion, 1944